Petit bilan du Tournoi 2007

Voilà. Ce qui était un entraînement grandeur nature à six mois de la Coupe du Monde a rendu son verdict. La France est devant pour trois fois rien, tandis que l’Angleterre peu se faire du mouron… Voici quelques points positifs et négatifs pour chaque nation. Le débat est ouvert!

france.gif1. FRANCE

Les plus : La régularité dans les phases de conquête. La touche française fonctionne malgré une petite baisse de régime lors de la seconde mi-temps en Italie. Bonnaire, Nallet, Thion, Harinordoquy sont tous d’excellents sauteurs, et d’autres comme Chabal peuvent encore apporter des solutions supplémentaires.

La puissance du pack. Les revenants Chabal et Vermeulen sont d’incroyables perforateurs. Puissants, ils savent rester debout et avancent sur tous leurs impacts. Et en l’absence de Pelous, Ibanez a fait un excellent capitaine.

La profondeur. Avec plusieurs choix à chaque poste, Bernard Laporte ne doit plus savoir où donner de la tête. Trois 9 possibles, au moins trois 10 possibles derrière Michalak (promu titulaire indiscutable), une paire Jauzion-Marty efficace, les ailiers toulousains qui ont largement le niveau de Dominici, Poitrenaud revenu à sa meilleure forme à l’arrière… Les trois-quarts français font bien plaisir.

La réussite. Avec deux essais en fin de match face à l’Irlande et l’Ecosse, les Bleus ont remporté le Tournoi. Pourvu que ça se reproduise en septembre…

Les moins : L’incapacité de gagner les matchs au sommet, à se mettre dans la peau du favori, comme à Twickenham. Problèmes de gestion de la pression?

Une défense irrégulière, solide dans les moments de doute ou de pression, mais qui encaisse quand même 3 essais contre le Pays de Galles et l’Ecosse.

Le manque de réserve au poste de pilier. La blessure de Sylvain Marconnet est une très mauvaise nouvelle pour les Bleus. Ils sont peu nombreux à pouvoir évoluer des deux côtés au niveau international.

Le joueur : Pierre Mignoni. Le demi de mêlée clermontois a pris une nouvelle envergure au niveau international. Plus rapide que Yachvili dans ses transmissions, il est le “dynamiseur” que la France cherchait en l’absence d’Elissalde.

ireland.gif2. IRLANDE

Les plus : Le triangle d’attaque O’Gara-D’Arcy-O’Driscoll. Les trois joueurs, qui évoluent derrière un énergique Peter Stringer, sont devenus des références à leur poste. Avec la classe de ce trio, l’Irlande est l’équipe qui a inscrit le plus d’essais (17) pendant ce Tournoi. Ronan O’Gara termine aussi meilleur réalisateur (82 points) et meilleur marqueur (4 essais, à égalité avec l’Anglais Jason Robinson). A quelques secondes près contre la France, ils allaient tout droit au Grand Chelem.

Le vécu de l’équipe qui évolue ensemble depuis de nombreuses années. Tous les joueurs se connaissent parfaitement puisqu’ils évoluent soit au Munster, soit au Leinster.

Les moins : Le faible réservoir de joueurs, le poids trop important des leaders. Avec un rugby axé sur les provinces, le vivier que constituaient les clubs est en chute libre. Les clubs n’ont plus les moyens de former correctement et le rugby irlandais peine à renouveler ses effectifs. Du coup, l’Irlande ne joue pas sur le même rythme lorsque Peter Stringer et Brian O’Driscoll ne sont pas là, on l’a vu contre la France. L’IRFU travaille depuis peu pour résoudre ce problème.

Le joueur : Brian O’Driscoll bien sûr! S’il n’a pas été transcendant, son niveau est nettement au-dessus de celui de ses coéquipiers. Son retour après blessure a été un grand soulagement pour le XV national.

england.gif3. ANGLETERRE

Les plus : Des jeunes joueurs très motivés et très doués. Flood, Geraghty, Streetle ou Lund sont autant de bonnes raisons d’espérer un retour au premier plan du quinze de la Rose.

Le retour des “vieux.” Avec les retours gagnants en sélection de Robinson ou Catt, les Anglais ont des joueurs de grand niveau malgré leur âge.

Les moins : L’inexpérience des jeunes joueurs. Ils sont doués mais ils arrivent peut-être un peu tard. Sous la pression, Toby Flood se fait contrer contre le Pays de Galles et l’Angleterre encaisse un essai dès la quatrième minute de jeu. Des erreurs rédhibitoires face aux équipes du Sud.

La prédominance des “vieux.” Les Anglais s’appuient un peu trop sur les anciens. Robinson absent, les lignes arrières semblent avoir perdu leur meneur. Le match contre la France peut leur donner espoir pour cette saison, mais après?

La nouvelle blessure de Wilkinson. Après un retour fracassant contre l’Ecosse, “Wilko” a été laborieux face à l’Italie avant de connaître un nouveau problème musculaire. Pourvu que Michalak ne prenne pas la même voie…

Le joueur : Mike Catt. Rappelé pour les deux derniers matchs du Tournoi, le “vieux” capitaine a redonné confiance à l’Angleterre. Il sera un élément essentiel pour construire rapidement une équipe d’ici la Coupe du monde.

italia.gif4. ITALIE

Les plus : Pierre Berbizier. L’entraîneur français a réussi à faire passer son message. Il a aussi mis en place un système défensif qui s’est montré efficace avant le dernier match contre l’Irlande. Sous son commandement, le XV italien a fait des progrès incroyables.

L’expérience des expatriés. Les joueurs évoluant dans le championnat de France ou d’Angleterre sont des vrais leaders. On le voit notamment avec l’importance qu’on pris Sergio Parisse ou les frères Bergamasco dans le jeu italien.

L’arrivée de résultats. Deux victoires, dont une à l’extérieur, l’Italie vient de réaliser son meilleur Tournoi. Les Italiens qui affronteront l’Ecosse lors du prochain mondial ont emmagasiné de la confiance et peuvent légitimement espérer jouer un quart de finale. L’Italie fait maintenant vraiment partie de l’élite mondiale.

Les moins : L’inconstance. L’Italie perd parfois facilement pied. Dignes des tous meilleurs contre l’Ecosse, les Italiens perdent parfois leur schéma tactique, comme en seconde période face à l’Irlande. De quoi faire enrager Berbizier, accroché à ses schémas de jeu. En emmagasinant de l’expérience, les Italiens parviendront sûrement à gommer ces défauts.

La profondeur. Même si ce problème se résorbe avec le temps, les Italiens ont encore peu de niveau sorti des 20 meilleurs internationaux. Le niveau du championnat national y est pour beaucoup, mal que la fédération cherche à soigner. Ce peut être un gros point noir en cas de blessures ou de fatigue durant la Coupe du Monde.

Le joueur : Alessandro Troncon. Remplaçant au début du Tournoi, le Clermontois a retrouvé son poste grâce notamment à une grande performance en Ecosse. Une belle alternative de plus, avec Griffen, au poste clé de demi de mêlée.

wales.gif5. PAYS DE GALLES

Les plus : Le talent individuel des joueurs et leur volonté de jouer. Malgré des résultats décevants, le Pays de Galles est sur le papier la même équipe que celle qui a remporté le Grand Chelem en 2005. La victoire contre l’Angleterre prouve que cette équipe peut être compétitive. Les trois essais marqués contre la France aussi.

L’émergence de jeunes joueurs comme James Hook. Titulaire au centre en début de Tournoi, le sélectionneur Gareth Jenkins n’a pas hésité à lui confier le numéro dix face à l’Angleterre. D’autres jeunes, comme l’ailier Czekaj, semblent très prometteurs. Tout bon pour l’avenir du XV gallois.

Les moins : Le manque de régularité dans les résultats. Le jeu du Pays de Galles est risqué. Cela ressemble à du tout ou rien. En pleine confiance, les Gallois peuvent être irrésistibles mais ils peuvent vite se désunir. Cette inconstance se voit sur le papier: ce sont les mêmes joueurs qui ont tout gagné en 2005. C’est pour moi la grosse déception de ce Tournoi.

Le joueur : Alex Popham. Le troisième ligne aile de Llanelli a confirmé ses bonnes sorties avec son club en Coupe d’Europe.

scotland.gif6. ECOSSE

Les plus : La régularité du buteur Chris Paterson. Difficile de trouver des points positifs dans la dernière place de l’Ecosse. Le quinze du Chardon peut néanmoins compter sur la régularité de son buteur Chris Paterson. Il est le principal artisan de la seule victoire écossaise face au Pays de Galles, avec plus de 90% de réussite sur l’ensemble du Tournoi.

L’arrivée de Lawson, Ford et Beattie. L’Ecosse a des jeunes joueurs talentueux. Lancés dans le grand bain lors du dernier match contre la France, ils sont l’avenir du rugby écossais.

Les moins : L’absence de résultats, d’ambitions. Comment l’Ecosse peut-elle renaître d’ici la Coupe du monde ?

Autre grand espoir, Cusiter m’a plutôt déçu sur ses dernières sorties, comme contre l’Italie où il se fait intercepter deux fois en début de match, pour les 2ème et 3ème essais italiens.

Le joueur : Sean Lamont. L’ailier décoloré de Northampton est la meilleure arme offensive des Ecossais. Il l’a encore prouvé sur ce Tournoi. Rapide et physique, il est excellent mais n’a pas eu de chance sur son carton jaune erroné contre la France. Les Ecossais ont d’ailleurs bien peiné pendant 10 minutes sans lui.


Equipe préférée: disons que je suis Toulouso-montpelliérain. Joueurs préférés: Philippe Sella, Yannick Jauzion, Cédric Heymans, Sébastien Chabal, Byron Kelleher, Vincent Clerc, Shaun Sowerby, Maxime Médard (ouh qu'ils l'ont bien formé lui!), Petru Balan et Takudzwa Ngwenya. Et aussi Auguste Chadwick et Andy McLean. Joueurs détestés: Agustin Pichot, David Auradou, Fabien Pelous, Rodrigo Roncero, Mario Ledesma, Mathieu Blin, Lawrence Dallaglio, Pierre Mignoni...

3 Comments

  1. Moriarty says:

    France : L’incapacité de gagner les matchs au sommet

    Je renvoie le compliment aux Irlandais !

    Le problème des Bleus, c’est le non-match en Angleterre, révélateur d’une certaine irrégularité. On a pu le voir sur les matchs contre Ecosse et Galles, par périodes assez longues malheureusement. Faut bosser ! ;-)

    Ce dernier poinbt est valable pour beaucoup d’équipes du Nord : les équipes du Sud sont bien mieux dotés pour réussir la CM, pour l’instant !

  2. Terryble says:

    Tu pense vraiment Michalak pour la CM? Moi je commence a vraiment aprécier Skrela à son poste … Bon pied, excellent plaqueur, fluide dans son jeu …
    Je sais vraiment pas si Michalak reviendra a son vrai niveau à temps …

  3. PJ says:

    Je ne pense pas personnellement à lui, mais Laporte avait prévenu avant le Tournoi qu’il aurait sa place de titulaire en CM.

    Je suis un peu plus perplexe maintenant. Je l’ai entendu sur RMC dire que ce n’était plus forcément le cas. Avec le Tournoi qu’on fait Skrela et Beauxis, difficile de leur dire maintenant: “bon ,c’est bien, mais t’as pas ta place quand même.” Du coup Michalak n’a peut-être plus sa place assurée. Ca reste quand même à voir. Il a pu jouer un quart d’heure ce week-end en amical, et il faudra juger sur le reste de la saison.

    Ce qui est sûr, c’est que ce gars a quelque chose en plus dans la vision du jeu. Il a par contre parfois du mal à se retenir de faire des trucs impossibles. Autre point négatif: avec un demi comme Mignoni, on ne dispose plus de demi botteur (comme Elissalde ou Yachvili), il faut donc un 10 qui soit botteur, et Michalak ne botte plus à Toulouse depuis un moment. Peut-iol retrouver un niveau international au pied en si peu de temps? Je pense qu’il a un point de retard sur Skrela et Beauxis dans ce domaine.

    Ce qui est bien en tout cas, c’est qu’il y a du choix pour les postes de demi (Mignoni, Elissalde et Yachivili) comme en 10 (Michalak, Skrela, Beauxis voire Boyet ou Traille). Ca prouve que le rugby français est en bonne forme.

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