Les étrangers (encore) remis en question

pro-d2-logo.giftop14-logo.pngY a-t-il trop d’étrangers en Top 14 et en Pro D2? Voilà une question qu’on se pose depuis bien longtemps. Le débat n’est pas nouveau, mais il rebondit une fois de plus. Ce coup-ci, c’est Bernard Lapasset, patron de l’IRB au 1er janvier prochain, qui y va de sa petite contribution.

Il est vrai que l’arrivée de joueurs étrangers dans les championnats français et anglais ne faiblit pas. Attiré par des salaires mirobolants, de 30% à 100% plus élevés que chez eux, les joueurs de l’hémisphère Sud n’hésitent pas à venir évoluer en Europe, toujours plus connus et toujours plus nombreux.

Alors, le rugby français souffre-t-il de ces arrivées massives? C’est là que le débat fait rage. Et les voix divergent. Mark McCafferty, le patron du Premier Rugby, association qui regroupe les clubs anglais de l’élite, a pris la défense de ce phénomène qui selon lui: « permet le renforcement du championnat anglais et consolide l’équipe nationale.» A l’opposé, Bernard Lapasset menace d’intervenir: « C’est un problème. Les joueurs français d’une vingtaine d’années ne jouent pas dans les équipes premières pour les compétitions professionnelles et c’est une question pour la France. Nous devons mettre en place des régulations pour contrôler le mouvement des joueurs.»

Avant l’instauration de possibles quotas ou limites, plus de 150 joueurs étrangers évoluent chaque week-end dans le Top 14. Entre les arrêts Bosman, Malaja ou Cotonou, la limitation de joueurs étrangers paraît bien improbable. Au contraire, la proportion semble croître et du coup, bon nombre d’espoirs du rugby français font banquette tous les week-end ou se contentent d’une place dans l’effectif des Espoirs. L’illustration parfaite de ce phénomène est le club de Montpellier. Formateur par excellence, ce club doit depuis la saison dernière ses résultats principalement à ses jeunes. Alors qu’ils peuvent encore jouer en Espoirs, les prometteurs François Trinh-Duc, Fulgence Ouedraogo, Louis Picamoles, Julien Tomas ou Jacques Boussuge portent à bout de bras l’équipe montpelliéraine. Mais malgré ces réussites maison, l’équipe compte aujourd’hui 16 étrangers, dont une moitié de Sud-Africains. Preuve qu’à moins d’être vraiment brillants (les Beauxis, Trinh-Duc, Picamoles ou Ouédraogo restent quand même des exceptions) , les jeunes joueurs français ont peut-être du mal à se montrer. La question reste en tout cas posée.


Equipe préférée: disons que je suis Toulouso-montpelliérain. Joueurs préférés: Philippe Sella, Yannick Jauzion, Cédric Heymans, Sébastien Chabal, Byron Kelleher, Vincent Clerc, Shaun Sowerby, Maxime Médard (ouh qu'ils l'ont bien formé lui!), Petru Balan et Takudzwa Ngwenya. Et aussi Auguste Chadwick et Andy McLean. Joueurs détestés: Agustin Pichot, David Auradou, Fabien Pelous, Rodrigo Roncero, Mario Ledesma, Mathieu Blin, Lawrence Dallaglio, Pierre Mignoni...

One Comment

  1. frid says:

    Y a quand même des postes (je pense surtout en première ligne) qui sont « colonisés » par des joueurs étrangers.
    Et trouver un bon pilier français dans un club français relève de l’exploit.
    A partir de là on peut se poser la question de l’influence des joeurs étrangers sur notre championnat ou lutôt sur le niveau futur de l’équipe de france.
    Je pense qu’à terme ca risque de poser problème. Surtout au niveau de la formation. Les clubs auront ils la volonté de formé des jeunes français si ils trouvent facilement mieux ailleurs?
    Le même problème que pour le foot en angleterre. L’équipe de foot anglaise est aux portes d’une élimination pour l’euro, la formation anglaise est laissée à l’abandon.

    Voilà vers quoi on ne doit pas aller dans notre rugby français. Imposer des quotas serait une bonne chose donc.

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