Les appelés de dernière minute

Avec les blessures qui se multiplie ces dernières années, les appelés de dernière minute sont un grand classique des équipes nationales, notamment lors du Tournoi. Ca n’a pourtant pas toujours été le cas, rappelez-vous le Grand Chelem de 1977, avec les 15 mêmes joueurs sur tous les matchs! Dans cette autre âge du rugby, où il n’y avait même pas remplaçants (que cela semble loin!), les joueurs appelés à la rescousse de l’équipe de France l’étaient dans des conditions assez rocambolesques. Assez en tout cas pour qu’on s’en souvienne encore.

jo-anduranEn 1909, le France se déplace au Pays de Galles pour son tout premier match dans le Tournoi des V Nations. Mais Hélier Thil, talonneur du Stade Bordelais, est absent à l’appel la veille. Consigné dans sa caserne, celui-ci n’a pas pu prévenir l’encadrement français! Nous sommes le 31 décembre, et les dirigeants doivent trouver de toute urgence un joueur susceptible de le remplacer. Charles Brennus, un des responsables de la sélection (et dont le Bouclier porte aujourd’hui le nom), apprend par la presse que Jo Anduran (photo), 3e ligne du SCUF (Sporting Club Universitaire de France), vient d’ouvrir une exposition d’art dans une galerie parisienne. Il s’engouffre dans un taxi et parvient à convaincre le rugbyman de faire le voyage. Le lendemain, les Bleus encaissent 10 essais et enregistrent leur première défaite dans le Tournoi (49-14).

Deux ans plus tard, en 1911, la France dispute son deuxième Tournoi. Le premier match est la réception de l’Ecosse à Colombes. Là encore, un joueur manque à quelques minutes du coup d’envoi. Il s’agit de l’ailier Christian Vareilles, qui a raté son train. Son remplaçant est trouvé… dans les tribunes! En effet, Antoine Francquenelle, joueur du S.C. Vaugirard, venu en tant que simple spectateur, se voit propulsé international. Il participe ainsi à la première victoire du XV de France dans le Tournoi (16-15). Ironie du sort, Vareilles ne rejouera plus en sélection. Il aura disputé son seul match sous le maillot français l’année précédente, contre l’Ecosse, lors d’une défaite 27-0 à Edimbourg.

lubin-lebrereEn 1920, à Dublin, l’équipe de France a bien failli avoir besoin d’un remplaçant d’urgence. En plein centre-ville, intrigué d’entendre la Marseillaise résonner dans les rues, Marcel-Frédéric Lubin-Lebrère (photo) se rapproche des chanteurs et les accompagne de bon cœur. Ce qu’il ne sait pas, c’est que ces messieurs sont des Républicains irlandais, qui ont adopté l’hymne français comme chant révolutionnaire. Les soldats britanniques l’arrêtent en compagnie de ses compagnons d’infortune. Le comble, c’est que Lubin-Lebrère ne parle pas un traître mot d’anglais. Il est finalement libéré le matin même du match, grâce à un homme politique français de passage à Dublin. Retrouvant de justesse ses coéquipiers, Lubin-Lebrère participe finalement à la victoire 15-7 de l’équipe de France, sa première victoire à l’extérieur dans le Tournoi.

Le 24 février 1950, Fernand Cazenave est lui aussi appelé pour remplacer un blessé, Michel Pomathios. Il est presque minuit, la France rencontre l’Angleterre le lendemain! Pour sa première sélection, Cazenave sera même l’homme décisif, puisqu’il inscrit l’essai de la victoire (6-3)!

Le France-Ecosse de 1969 voit lui deux joueurs quitter l’équipe sur blessure. Le talonneur tarbais Norbert Dargelès se fracture deux côtes et quitte l’équipe de France, qu’il ne retrouvera plus jamais, victime de blessures à répétition. Jean-Pierre Salut, la jambe droite paralysée, est lui obligé de déclarer forfait juste avant le coup d’envoi. Il est remplacé par Jean Iraçabal, qui honore ainsi sa première sélection avec un numéro inédit, le 16 (inédit puisqu’il n’y a pas de remplaçant à l’époque)! Le pilier bayonnais et ses prestigieux coéquipiers (Pierre Villepreux, Jo Maso, Benoît Dauga, Walter Spanghero, Michel Yachvili…) perdent cependant le match 3-6. Mermoz, Boyoud et Domingo, appelés d’urgence hier, auront-ils plus de succès face à l’Ecosse cette année?


Equipe préférée: disons que je suis Toulouso-montpelliérain. Joueurs préférés: Philippe Sella, Yannick Jauzion, Cédric Heymans, Sébastien Chabal, Byron Kelleher, Vincent Clerc, Shaun Sowerby, Maxime Médard (ouh qu'ils l'ont bien formé lui!), Petru Balan et Takudzwa Ngwenya. Et aussi Auguste Chadwick et Andy McLean. Joueurs détestés: Agustin Pichot, David Auradou, Fabien Pelous, Rodrigo Roncero, Mario Ledesma, Mathieu Blin, Lawrence Dallaglio, Pierre Mignoni...

One Comment

  1. Yannick says:

    J’imagine le truc aujourd’hui… genre, on n’a pas de demi de mêlée et Galthié qui est là en consultant, entre finalement sur le terrain en remplaçant… incroyable n’empeche de se dire qu’au sièce dernier, des choses comme çà pouvait arriver…composer une equipe avec des bouts de ficelle quoi!
    Pour revenir au match de ce week end, il faudra faire sans Fritz, suspendu pour 3 matchs. Je n’ai pas vu le geste, mais apparemment selon Lievremont et Novès, la sanction est justifiée… bonne nouvelle, Fritz ne se blessera pas pour les prochains matchs…moins bonne nouvelle, il ne jouera pas contre Clermont….eh m………!!!!

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