Le Racing grand perdant

metro-racing_miniature.gifQuel match! La finale de Pro D2 entre Mont-de-Marsan et le Racing-Métro 92 a été un match superbe, intense, où la montée en Top 14 n’a été acquise qu’au bout des prolongations. Et le vainqueur n’est pas celui qu’on attendait. Fort de ses grands noms, de son statut de leader, d’une deuxième place en saison régulière, le Racing a tout de même perdu cette finale. Une défaite lourde de conséquences pour l’adversaire numéro un de Toulon cette saison.

Pichot, Auradou, Bobo, Dubois, Lombard, Lo Cicero, Festuccia, Dieudé, Valbon… le club de la banlieue parisienne avait totalement chamboulé son effectif l’été dernier, en faisant venir des joueurs aguerris au Top 14. Avec Pierre Berbizier aux commandes, l’objectif était clair: la montée. Dans cette Pro D2 plus relevée que jamais, trois équipes étaient en lice pour la place de champion, place synonyme de montée directe. Il devait y avoir deux déçus. Ce sont les Parisiens et les Agenais, qui eux ont même perdu leur place de demi-finaliste lors de la dernière journée. En perdant à Mayol, le Racing avait abandonné tout espoir de montée directe, et se préparait à une nouvelle compétition, les play-offs. En favoris, évidemment.

En favoris, parce qu’en face, Mont-de-Marsan, autre qualifié pour la finale, est l’un des plus petits budgets de Pro D2. Et là, pas de grands noms. Qui connaissait Benat Arrayet, l’ouvreur titulaire, en début de saison? Pas grand monde. Pas même les grandes marques, qui n’ont pas daigné lui offrir de contrat de sponsor chaussures. Le buteur attitré du Stade Montois, nouveau promu dans l’élite, achète toujours ses chaussures à Décathlon… Un monde d’écart.

Mais sur cette finale, les Montois ont eu les crocs. Menés d’entrée en encaissant deux essais, les Montois ne s’avouent pas vaincus. Ils marquent rapidement un essai et reviennent dans le match. Et de quelle manière! Les avants dominent leurs adversaires, les lignes arrières ouvrent le jeu et tentent des relances de leurs propres 22 mètres, les coups de pied offensifs sont précis… le match est serré et très plaisant. Mont-de-Marsan prend l’avantage en deuxième période, mais est rejoint dans les dernières minutes de jeu. L’excellent ouvreur parisien Wisniewski, 22 ans seulement, a la transformation de la victoire au bout du pied… mais la rate! Les deux équipes vont en prolongations.

Ces 20 minutes de prolongations sont un calvaire. Sous une chaleur écrasante, les joueurs jouent le tout pour le tout. Surtout les Montois. Certains joueurs du Racing, comme Bobo par exemple, semblent jouer au ralenti, comme s’ils étaient sûrs de leur fait. Qovu, le numéro 8, aligne les fautes et les mauvais gestes, malgré son carton jaune pris en première mi-temps. Les avants sont dominés. Le Racing craque et encaisse un essai. 27-23 pour Mont-de-Marsan. Mais les dernières minutes sont difficiles. Les Racingmen se reprennent et poussent. Dernière minute, Wisniewski s’échappe, trouve un partenaire à hauteur, qui est plaqué sur la ligne! Le Racing est tout près de marquer, il va marquer. Et puis non, un Montois récupère le ballon dans la mêlée ouverte, part le long de la ligne de touche et marque un dernier essai. Les remplaçants sont déjà entrés sur le terrain, les Montois exultent. On ne tapera même pas la transformation.

Au-delà de cette défaite, pas imméritée tant les Montois ont été bons (l’arrière et les centres ont notamment été excellents), c’est toute une saison qui est gâchée pour les Parisiens. Ils visaient l’élite, ils restent en Pro D2. Une grande désillusion pour ce club historique en reconquête. C’est bien dommage. D’autant plus que la saison prochaine sera difficile. Le Racing endossera le rôle de l’ogre, celui qu’a joué le RCT cette saison. Agen ou les relégués Auch et Dax/Albi ne devraient pas être supérieurs. Mais il faudra convaincre les joueurs arrivés de rester une saison supplémentaire en deuxième division. Voire de ne pas partir à la retraite pour certains, comme Auradou (en même temps, ça serait pas un mal, vé…). Derrière, Lyon, Béziers ou La Rochelle seront des adversaires redoutables.

En perdant cette finale, le Racing prend un sérieux coup d’arrêt. Il faudra relancer la machine, revenir avec les mêmes intentions et le même niveau, un exercice toujours difficile. Mais c’est le prix à payer pour que le club continue de grandir.


Equipe préférée: disons que je suis Toulouso-montpelliérain. Joueurs préférés: Philippe Sella, Yannick Jauzion, Cédric Heymans, Sébastien Chabal, Byron Kelleher, Vincent Clerc, Shaun Sowerby, Maxime Médard (ouh qu'ils l'ont bien formé lui!), Petru Balan et Takudzwa Ngwenya. Et aussi Auguste Chadwick et Andy McLean. Joueurs détestés: Agustin Pichot, David Auradou, Fabien Pelous, Rodrigo Roncero, Mario Ledesma, Mathieu Blin, Lawrence Dallaglio, Pierre Mignoni...

8 Comments

  1. Yannick says:

    ouaich, je voyais bien le Racong monter moi…. dommage!

  2. thi oc says:

    snifff!
    wisniewski a failli tout le match…. dommage.
    le 15 montois a été formidable à une exception près, sa faute de realnce qui amène le deuxième essai du racing. sinon, magnifique.
    c’ est mérité sur le match : les montois ont joué, joué et encore joué!
    bravo.

    pour le racing, le plan de remontée était prévu pour l’ an prochain donc pas d’ affolement.

  3. Yannick says:

    Moi, je pense quand même que même si c’est amplement mérité, les montois vont avoir fort à faire l’an prochain dans le grand bain, apres 5 ans, ils reviennent dans l’élite mais ce sera dur… surtout avec leur budget! Faudra s’accrocher!

  4. PJ says:

    Ca va être difficile oui. Mais on a vu Albi ou Montauban faire de belles saisons, alors pourquoi pas eux après tout.

    Quant au Racing. Quand on voit la débauche d’énergie et de moyens qui ont été faits l’été dernier, je doute que le projet ait été étalé sur deux ans. Je pense au contraire que c’est un sérieux coup d’arrêt. Même s’il seront incontestablement les grands favoris de la saison prochaine.

  5. Yannick says:

    Allez, l’an prochain, la remontée de Albi avec le Racing :)

  6. Philippe says:

    Si je peux me permettre, dire que le Racing a été l’adversaire n°1 de Toulon cette année est un peu exagéré. Le Stade montois a été excellent toute la première moitié de saison et mérite aussi pour cela cette accession. Il avait d’ailleurs battu le Racing chez lui, et failli l’emporter à Colombes.

    De plus, c’est également un club historique, qui est plus représentatif du pays »rugby », de ses petits clubs locaux dont on a jamais entendu parler à Paris, à défaut de budget.
    Mais le budget c’est bien, mais il faut aussi des clubs pour former…

  7. PJ says:

    Je ne trouve pas ça exagéré. Quand on voit tout l’argent investi par Lorenzetti cette saison, le Racing attendait mieux que les résultats que tu donnes. C’était le favori de la division avec Toulon, sur le papier du moins. Relis les journaux de l’automne dernier! C’est plus que net. Avec leur budget, Mont-de-Marsan, La rochelle, Lyon ou Agen n’étaient pas attendus au même point. Après, je ne suis ni supporter du Racing ni de Mont-de-Marsan, donc le résultat m’importait peu. C’est très bien pour le Stade Montois d’être dans l’élite, ils le méritent amplement de par leur travail.

    Et preuve que la non-accession en Top 14 est un cuisant échec, Lorenzetti a déjà coupé des têtes au Racing. Berbizier est conservé mais Philippe Benetton est viré (enfin, on lui propose un poste de directeur technique, le placard quoi…). Et côté joueurs, tous les anciens du Top 14 sont également virés: David Auradou, Agustin Pichot, Jeff Dubois, Michel Dieudé ou Ludovic Valbon…

  8. roland says:

    Malgré la débauche de moyens mis en oeuvre, cette équipe artificielle du Racing n’aura pas réussi à faire plier les vaillants landais. C’est tant mieux ! Bravo au stade Montois !!

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