Championnat de Top 14 : les tops et les flops du début de la saison rugby 2016-2017

Après dix journées de Top 14, il est l’heure du premier bilan. Nous vous proposons les tops et les flops de ce début de saison. Si Clermont confirme son statut de favori, Le Stade Rochelais surprend cette saison. De leur coté, le Stade Français est en plein doute et l’Aviron Bayonnais semble déjà condamné à un retour en Pro D2 la saison prochaine.

Les tops du Top 14 : La Rochelle, l’ASM Clermont Auvergne et le suspens

La Rochelle : l’équipe surprise du début de saison du top 14

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Après deux année bien gérées (9ème) pour leur retour dans l’élite, le Stade Rochelais, 12ème budget du Top 14 en 2016/2017, avait d’autres ambitions que le maintien à l’aube de la nouvelle saison. Les renforts de l’ancien Clermontois, Brock James, et du double champion du monde Néo Zélandais, Victor Vito, témoignent de la volonté du club rochelais de viser plus haut.

Mais, la force première des maritimes est la continuité en conservant l’ossature de l’équipe dont les trois internationaux français, Kevin Gourdon, Uini Atonio et Vincent Pelo. Cela a permis aux Rochelais de débuter parfaitement la saison avec trois victoires en quatre matches dont deux succès à l’extérieur à Grenoble (22-19) puis à Castres (26-18). Si l’équipe de Patrice Collazo a laissé la tête du Top 14 aux Clermonois, elle a confirmé son potentiel. Les Maritimes ne sont jamais passés totalement à travers. En grande difficulté lors du déplacement au Stade Français, ils n’ont pas lâché prise et ont réussi à décrocher le point de bonus défensif. Les Rochelais ne voyagent jamais à vide et auraient pu engranger un troisième succès en déplacement à Brive (28-29) et surtout à Montpellier (11-12). Une maladresse de Charles Bouldoire à l’ultime minute  les a privés d’un succès mérité dans l’Hérault.

Le Stade Rochelais peut légitimement viser une place dans le six premiers et sa première qualification en play-off du Top 14. Ces bons résultats sportifs sont accompagnés du développement économique du club. Le président Vincent Merling et son équipe ont créé un vrai lieu de vie avec le stade Marcel Deflandre. Les Rochelais peuvent s’appuyer sur un engouement populaire pour s’installer dans le gotha du rugby français.

Clermont : solide leader et favori pour le titre de Champion de France

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Après la désillusion de la demi-finale la saison dernière contre le Racing (33-34), Clermont est reparti tambour battant cette saison. Après dix journées, les Clermontois caracolent en tête avec sept victoires, deux matches nuls accrochés à l’extérieur à La Rochelle et au Stade Français et une unique courte défaite à Toulon (21-23).

L’équipe de Franck Azema a réussi de grandes performances contre Bordeaux-Bègles (40-16), Racing 92 (47-10) et à Brive (40-17). L’entraineur peut compter sur la forme resplendissante de deux internationaux français Morgan Parra et Noa Nakaitaci. L’ailier d’origine fidjienne est particulièrement en verve en ce début de saison avec sept essais marqués. Si Parra reste à la disposition de son club, Nakaitaci a été rappelé par Guy Novès pour les test-matches de novembre après un an d’absence chez les Bleus.

Devant les difficultés de leurs concurrents (Toulon, Racing 92 et Toulouse), l’ASM Clermont semble promis à terminer en tête du Top 14 comme la saison dernière. Mais, la méfiance reste de mise coté Clermontois. Les Jaunards ont, en effet, la fâcheuse habitude de rater la marche en phase finale et de décevoir la fabuleuse « Yellow Army ».  Cette saison, les Auvergnats comptent jouer sur les deux tableaux en témoignent  leurs belles victoire en Coupe d’Europe à Exeter et contre Bordeaux Bègles.

Le suspens dans le Top 14 à défaut d’une belle qualité de jeu

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La qualité de jeu proposée lors du Top 14 est régulièrement critiquée. L’importance de l’enjeu a des effets négatifs sur le jeu déployé en favorisant un jeu minimaliste. Néanmoins, le suspens est bien présent dans le championnat français. Au bout de dix journées, six rencontres se sont déjà terminées par un score de parité. Ce nombre est conséquent par rapport aux saisons précédentes (quatre lors de l’ensemble de la saison 2015-16 et sept lors de la saison 2016-17).

Cette saison, la lutte s’annonce intense pour la course à la qualification à la phase finale. Des surprises pourraient même avoir lieu avec les surprenants rochelais et brivistes. Dans le bas de tableau, si Bayonne semble déjà avoir validé son retour en Pro D2, Grenoble n’a pas dit son dernier mot malgré son début de saison chaotique. La dernière performance des Isérois à Clermont (défaite 20-21) laisse présager leur montée en puissance.


Les Flops du top 14 : le duo Boudjellal-Dominguez, le Stade Français et l’Aviron Bayonnais.

Mourad Boudjellal et Diego Dominguez : un divorce inéluctable

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Mourad Boudjellal avait tout prévu. Dès décembre 2014, le président Toulonnais avait intronisé Diego Dominguez comme futur successeur de Bernard Laporte. L’ancien joueur du Stade Français devait même rejoindre la rade dès septembre 2015 pour s’acclimater et prendre connaissance avec son futur groupe. L’Italo-Argentin a préféré attendre janvier 2016 pour débarquer à Toulon ce qui a eu le don d’énerver Mourad Boudjellal. Ce dernier s’est activé pour attirer Fabien Galthié et placer Dominguez sous sa tutelle. Mais, l’ancien manager de Montpellier n’a toujours résolu sa séparation avec le club héraultais.

Les relations entre les deux hommes continuent de se tendre cet été. Boudjellal choisit de renforcer le staff de Dominguez avec l’arrivée de Marc Dal Maso sans l’approbation du manager. Cet épisode aurait pu être la fin de cette courte collaboration mais aucun accord financier n’est trouvé. Le président Toulonnais ne se gênent pas pour critiquer publiquement son nouveau manager et remettre en question son choix de lui avoir confié le groupe toulonnais. La victoire à Toulouse (32-15) lors de la 4ème journée sauve momentanément Dominguez après le couac à domicile contre Brive (21-25) lors de la journée précédente.

Mourad Boudjellal décide de renforcer une nouvelle fois le staff technique avec l’arrivée fin septembre du coach anglais Mike Ford. Le staff technique est clairement coupé en deux avec d’un coté le staff originel (Diego Dominguez, Jacques Delmas et Steve Meehan) et de l’autre coté les nouveaux arrivants (Marc Dal Maso et Mike Ford). Si les résultats s’améliorent, la pauvreté du jeu déployé reste un élément de crispation pour le président. La leçon prise à Mayol contre les Saracens (31-23) lors de la première journée de Coupe d’Europe scelle le sort de Diego Dominguez. La victoire la semaine suivante à Sale (15-5) ne changera rien. Mourad Boudjellal confie les rênes de l’équipe première à Mike Ford. Une issue inéluctable depuis un bon moment. 

 

Le Stade Français : des ambitions en berne et un avenir indécis

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Champion de France en juin 2015, l’avenir s’annonçait radieux pour le Stade Français avec une jeunesse triomphante, un manager prometteur et son nouveau stade. Dix-sept mois plus tard, l’horizon s’est sérieusement assombri pour le club de la capitale. La saison 2015-16 a été peu glorieuse avec une piteuse 12ème place en Top 14 et une raclée concédée en quart de finale de Coupe d’Europe contre Leicester.

Cette saison 2016-17 devait être la saison du rachat pour le Stade Français. Les résultats restent mitigés malgré un début triomphal contre Grenoble (54-20). Incapable de rivaliser à l’extérieur, l’équipe de Gonzalo Quesada ne semble pas en mesure de se mêler à la course aux six premières places. Une deuxième saison consécutive sans phase finale serait une déconvenue pour le troisième budget du championnat.

Outre les résultats actuels, l’inquiétude provient de l’avenir du club parisien. L’annonce des futurs départs de joueur majeurs (Rabah Slimani, Raphaël Lakafia et Geoffrey Doumayrou)  n’est pas un bon signe pour les supporters stadistes. Ces départs sont d’autant pénalisants qu’ils concernent des joueurs JIFF toujours très difficiles à remplacer. D’autres départs sont à craindre avec notamment  Jéremy Sinezelle et Hugo Bonneval voire même le manager argentin. Les internationaux, Jules Plisson et Alexandre Franquart, risquent d’attendre avec impatience la fin de leur contrat en 2018 pour rejoindre un club plus ambitieux. Cette vague départ coïncide avec la volonté du propriétaire actuel, Thomas Savare, de se séparer du club. Bref, le Stade Français est rentré dans une période difficile…en attendant l’arrivée d’un hypothétique nouveau propriétaire.

 

L’Aviron Bayonnais et la saison galère en Top 14

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La joie festive consécutive au retour en Top 14 est vite retombée du coté de Bayonne. Pourtant, la victoire lors de la première journée contre Toulon (28-23) laissait espérer une belle saison dans l’élite dans le rugby français. Malheureusement, la suite est moins glorieuse avec aucune victoire lors des neuf matches suivants. Les joueurs de Vincent Etcheto ont « juste » réussi à accrocher à domicile Castres (12-12) et Lyon (22-22).

Le retour en Pro D2 leur semble déjà promis dès début novembre. L’équipe est trop limitée et ne possède pas une profondeur de banc suffisante pour lutter avec les autres clubs du Top 14. Il est vrai que l’accession décrochée tardivement n’a pas permis aux dirigeants bayonnais d’anticiper le recrutement pour cette saison. Dans le rugby, les clubs finalisent généralement leur recrutement pour la prochaine saison bien avant la fin de l’exercice en cours.

Le fidèle public bayonnais ne mérite certainement cette saison galère mais l’espoir de redressement est très mince. Les supporters basques se consoleront en retrouvant prochainement les chaudes derbies face au rival Biarrot, englué dans l’antichambre de l’élite.

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